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Comment chiffrer un projet informatique en 2018

Vaste sujet que celui-ci, mais ô combien important ! Pourquoi ? Parce que réussir son chiffrage, c’est à la fois s’assurer de payer son projet au prix juste et faire en sorte qu’il soit réalisé dans de bonnes conditions.

L’importance du chiffrage

Vous achetez du temps de cerveau !

Chiffrer son projet trop bas est un risque en termes de planning : vous achetez du « temps de cerveau », donc outre une perte pour votre prestataire, un chiffrage trop juste implique des retards de planning qui peuvent vite devenir très importants (la panique aidant), et parfois même aboutir à l’échec du projet ! Il est donc primordial de considérer la phase de chiffrage comme un élément central de votre projet, la première étape vers la réussite.

Nous détaillerons dans cet article la méthode de chiffrage que nous utilisons en interne (non pas que celle-ci soit plus efficace qu’une autre, mais elle présente l’avantage que nous la maîtrisons). Néanmoins, de nombreuses autres solutions existent pour tenter d’obtenir une charge de travail la plus précise possible : on peut noter par exemple, la technique en points de fonctions, ou bien les techniques à base d’abaques de chiffrages. Notre méthode emprunte à chacune de ces solutions pour aboutir à un chiffrage détaillé.

chiffrer projet informatique 2018

Chiffrage : méthodologie générale

Notre solution est de découper l’intégralité du travail à faire en une liste d’écrans d’application, de services, d’interfaces et autres tâches à réaliser. Ce découpage est toujours possible, que l’on considère une application web ou une application mobile. De même, nous listons l’intégralité des e-mails, reporting, export et impressions à créer, et nous nous efforçons autant que possible de regrouper ces tâches dans des lots communs. On retrouvera par exemple un ensemble « inscription client » dans lequel nous mettrons le système de connexion, de renouvellement de mot de passe, et de gestion des informations de base d’un utilisateur.

Le travail de listing est fastidieux, mais le nombre de lignes obtenu permet de visualiser la quantité de travail à effectuer.

Lister les écrans à chiffrer

Quel est la limite des éléments à mettre dans le listing ? A quel degré de précision nous arrêtons-nous ?

Généralement, nous n’inscrivons que les écrans et leurs fonctionnalités principales. Par exemple, sur une page de création d’utilisateurs, nous n’allons pas détailler l’intégralité des champs de la page, mais nous noterons néanmoins à grosses mailles le nombre de champs présents (car, réaliser un écran à 10 champs est beaucoup plus rapide que de réaliser un écran à 100 champs). Cette complexité est importante pour la phase suivante du chiffrage. De même, s’il existe des popups ou des écrans très simples, nous ne les précisons pas dans la grille de chiffrage. On se retrouve donc assez rapidement avec une liste d’écrans et de complexités regroupés en catégories fonctionnelles.

Voici un exemple de colonnes pour notre tableau excel :

Ecran Description Complexité RTU
 Ecran 1 Listing des clients avec recherches mutlicritères  Moyen

Lister les services à chiffrer

Dans ce tableau, nous rajoutons aussi l’intégralité des services que nous allons devoir développer. En effet, ce travail est généralement réalisé de manière bien séparée car ils pourront servir d’API pour d’autres applications dans le SI.

Globalement, nous réalisons un service par grand type de donnée véhiculée (par exemple, un service client qui permet gérer les clients [CRUD]), puis nous rajoutons une ligne pour chaque méthode plus complexe afin d’avoir une idée du travail à réaliser.

Cas particulier des interfaces

Beaucoup d’applications possèdent des interconnexions avec différents prestataires (par exemple une gateway de paiement, ou un service de géolocalisation) qui sont des librairies ou des APIs externes. Nous listons chacune de ces interfaces dans le fichier Excel afin de bien les prendre en compte.

Elles sont généralement assez simples à intégrer, mais il est nécessaire d’interagir avec une autre équipe de développement (typiquement, l’équipe qui fournit le service en question), et dès qu’il y a interaction, le temps consommé explose. Il faut donc bien maîtriser les interfaces et les prendre en compte dès le début du chiffrage.

Obtenir le chiffrage final

Ce travail achevé, vous avez en main une description assez précise des tâches à réaliser : vous pouvez enfin réaliser un premier chiffrage.

En interne, nous transmettons ce découpage en aveugle à plusieurs personnes qui remplissent la colonne RTU (en jours) pour chaque ligne. En réalisant une moyenne des différents chiffrages, vous obtiendrez le temps RTU de développement de manière assez fine, suffisamment du moins pour un cadrage financier des développements.

Libre à vous par la suite d’ajouter des tâches de gestion de projet, et toute autre composante impactant le coût du projet en total.